mardi 06 janvier 2009
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Le Festival interceltique de Lorient

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dimanche 10 août 2008

Soldat Louis, vingt ans à bord et pas un ris

Marc Ollivier</P>
Guitares et cornemuse pointées comme autant de canons dans les sabords, Soldat Louis a tiré à boulets rouges sur le public.

: Marc Ollivier


Voilà vingt piges que l'équipage lorientais bourlingue sur le devant de la scène.

3 500 festivaliers leur ont fait la houle. Ah !

« Tirer des caisses, OK, ho hé ho hé ho ! Bon dieu, tu parles d'un cadeau, même à fond d'cale sur un rafiot, de Lorient à Glasgow, j'suis partant, ho hé ho ! » D'entrée, ça attaque sec. Extrait de Première bordée, l'album qui a fait décoller Soldat Louis en 1988, Tirer des caisses est repris immédiatement en choeur par la foule. Ça en fait un ramdam sous le chapiteau de l'Espace Marine, la bâche gonfle soudain comme voile carrée sous vent force 5. Bien établie, la bonne brise ne faiblira pas pendant pratiquement tout le concert, à un ou deux creux près.

Savannah, le deuxième titre balancé par-dessus bord sur la foule (houle, houle...) est là aussi entonné par des milliers de voix. Il faut dire qu'elle vient de loin, cette chanson extraite de Pavillon noir (1990), puisque son auteur, Gary Wickman, alias Renaud Detressan, s'est librement inspiré d'un texte de Pierre Mac Orlan pour l'écrire. Nous pourrions naviguer en pire compagnie !

La troisième salve tirée par « Le patron » (Soldat Louis) est C'est quand qu'les c... Ce titre qui ouvre le dernier album, Sales gosses (sorti en 2006) est, là aussi, repris à pleine voix (d'eau) par la marée humaine : « C'est quand qu'les cons changent de pays, de planisphère, de galaxie ? On pourrait s'faire un paradis, les pieds sur terre, la tête aussi et les étoiles pour ciel de lit. » Comme personne n'est sorti du chapiteau à ce moment-là pour filer droit dans le cosmos, la navigation a pu continuer, toutes voiles dehors, dans une nuit dégagée.

Trois heures de concert !

Comme de vrais bons marins, les sept briscards n'étaient pas partis sans biscuits. A plusieurs reprises, le Bagad de Lann-Bihoué est monté sur le pont pour partager des morceaux d'anthologie avec Soldat Louis, dont une version musclée du fameux tube, Le Bagad de Lann-Bihoué. Celui-là même qu'Alain Souchon était venu chanter à Lorient en 2007, trente ans après sa création. Collés serrés, moitié lianes, moitié gitanes, les danseurs et danseuses du cercle celtique de Quimperlé ont également fait des apparitions très remarquées, démontrant autant de science dans leurs costumes traditionnels que de sensualité, moins habillés.

C'est seulement au bout de trois heures de concert en pleine mer, que Soldat Louis a décidé de rentrer au port de Lorient. Après avoir bien rincé les oreilles du public. Quelle croisière ! Quel anniversaire !

Jérôme GAZEAU.