
Allait-on devoir choisir son clan ? Not at all ! Pour tout dire, les Chieftains ont encore une fois été les plus forts, car ils ont savamment mélangé les deux. A la manière du capitaine Haddock, cette bande de vieux roublards nous a bien servi son concert dans une tasse à thé. Et le liquide à l'intérieur avait bien la couleur du thé. Mais ce n'était pas du thé. Et encore moins du Canada Dry. Vous avez bien compris : c'était du 46 ans d'âge (l'âge du groupe) et du 46°, du qui chauffe l'estomac sans arracher la bouche. Voilà tout l'art des maîtres distillateurs.
Du beau linge dans l'armoire aux souvenirs
Musicalement, cela s'est traduit par des reprises ultra-connues, comme Women of Ireland, ce délicat air de Barry Lyndon qui a propulsé les Chieftains sur le devant de la scène mondiale en 1975. Mais aussi d'autres morceaux partagés naguère avec les Rolling Stones ou Sinéad O'Connor. Plus tout un tas de traditionnels, entrés désormais dans le folklore irlandais rangé dans le haut de l'armoire aux souvenirs. Déplié, ce linge de grand-mère gratte un peu mais sent si bon le savon à l'ancienne et la bruyère.
OEcuménique en diable, la soirée a été l'occasion d'un grand défilé d'artistes hors frontières : la fraîche gaïtera galicienne Lorena Freijeiro Alonso ; l'impressionnante chanteuse écossaise Alyth McCormack ; Nolween dans un hommage sensible à la mémoire de son père, Polig Monjarret ; le bagad et le cercle celtique d'Auray enfin, avec lesquels les Chieftains s'étaient produit en mars 2007 au Carnegie Hall de New York. Le public a bu tout ça avec délice. Jusqu'à la dernière goutte.
Jérôme GAZEAU.
