mercredi 07 janvier 2009
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Le Festival interceltique de Lorient

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samedi 09 août 2008

Les Chieftains servent le whiskey bien tassé

Marc Ollivier</P>
Difficile de résister aux jigs, reels et autres morceaux dansants joués pendant cette soirée !

: Marc Ollivier


Entre un Paddy (Moloney) et une tasse de thé, personne n'hésite à Lorient. Tout le monde trinque à la santé des Irlandais !

Comme tout pays, l'Irlande a ses monuments. De tous, The Chieftains est sans doute le plus internationalement connu. Et quand on n'en pousse pas les portes, c'est lui qui vient vous visiter. A Lorient, jeudi, le plus grand chapiteau du festival était bourré comme un pub un soir de Saint-Patrick. Il y avait de ça. Oui, même si la configuration de la salle, 2 400 chaises et places de gradins trop sagement rangées, faisait davantage penser à un salon de thé. Quoi ? Pas de comptoir ! Personne debout ! Qu'allait-on nous servir ce soir ? Une infusion de feuilles, chaud breuvage sans doute apprécié pour ses vertus stimulantes, mais bon, il y en a déjà plein les placards à la maison ? Ou alors un bon vieux whiskey des familles, élevé dans la tradition, double distillation (c'est la loi en Irlande) et maturation dans des fûts en bois ?

Allait-on devoir choisir son clan ? Not at all ! Pour tout dire, les Chieftains ont encore une fois été les plus forts, car ils ont savamment mélangé les deux. A la manière du capitaine Haddock, cette bande de vieux roublards nous a bien servi son concert dans une tasse à thé. Et le liquide à l'intérieur avait bien la couleur du thé. Mais ce n'était pas du thé. Et encore moins du Canada Dry. Vous avez bien compris : c'était du 46 ans d'âge (l'âge du groupe) et du 46°, du qui chauffe l'estomac sans arracher la bouche. Voilà tout l'art des maîtres distillateurs.

Du beau linge dans l'armoire aux souvenirs

Musicalement, cela s'est traduit par des reprises ultra-connues, comme Women of Ireland, ce délicat air de Barry Lyndon qui a propulsé les Chieftains sur le devant de la scène mondiale en 1975. Mais aussi d'autres morceaux partagés naguère avec les Rolling Stones ou Sinéad O'Connor. Plus tout un tas de traditionnels, entrés désormais dans le folklore irlandais rangé dans le haut de l'armoire aux souvenirs. Déplié, ce linge de grand-mère gratte un peu mais sent si bon le savon à l'ancienne et la bruyère.

OEcuménique en diable, la soirée a été l'occasion d'un grand défilé d'artistes hors frontières : la fraîche gaïtera galicienne Lorena Freijeiro Alonso ; l'impressionnante chanteuse écossaise Alyth McCormack ; Nolween dans un hommage sensible à la mémoire de son père, Polig Monjarret ; le bagad et le cercle celtique d'Auray enfin, avec lesquels les Chieftains s'étaient produit en mars 2007 au Carnegie Hall de New York. Le public a bu tout ça avec délice. Jusqu'à la dernière goutte.

Jérôme GAZEAU.