
En 1986, à Valladolid, quand une bande de lycéens un peu foufous décident de monter un groupe de musique, le guerrier casqué du paquet de clopes trouve naturellement sa place sur les affiches et les pochettes des disques. « Nous lui avons juste retiré l'épée de sa main pour y placer une guitare », rigole Oscar Garcia.
Vingt-trois ans plus tard, les Celtas Cortos enfument toujours avec autant de plaisir leur public. Entre-temps, le gang castillan a brassé tous les genres : ska, reggae, salsa, electro. Vendredi soir, à l'Espace Marine, tout y est passé. Et quand bien même le bassiste annonce un treizième disque à venir cet automne « plus rock, comme un retour aux origines », le concert lorientais démontre que ces Ibères-là , après avoir explosé les frontières intergalactiques qui séparaient les styles musicaux, ne redescendront jamais complètement sur Terre.
En combinant saxo, trombone, et accordéon avec le trio guitare-basse-batterie, les Celtas Cortos tiennent tout autant du groupe rock et du big band, de la fanfare de rue et du combo. En cours de concert, l'apparition de deux membres de Merzhin a même apporté une touche de fest-noz. Et disons-le tout net, quand Ludovic Berrou a associé sa bombarde aux instruments du band espagnol dans un pot-pourri incandescent, ce boeuf (gros celte) avait vraiment du sang de taureau dans les veines. Olé !
Jérôme GAZEAU.
