Brest 2008 : la mémoire des marins restituée
Durant quatre ans, le magazine d'ethnologie maritime, Le Chasse-marée a collecté la mémoire des marins.
Du 11 au 17 juillet, le chapiteau du Chasse-Marée se dressera au coeur
des fêtes maritimes de Brest.
Après le concours des bateaux des côtes de France en 1992, celui du patrimoine bâti des côtes et fleuves de France en 1996, après la transmission du sens marin lors du « Défi jeunes marins 2000 », le Chasse-Marée avait lancé en 2004 le concours « Marins des côtes et fleuves de France ».
Par le biais de cette collecte, le magazine d'ethnologie maritime de Douarnenez désirait valoriser les témoignages de marins et mariniers et assurer ainsi la transmission de savoirs et savoir-faire : « Il s'agit d'un patrimoine immatériel, celui de mémoires d'une génération qui disparaît peu à peu : il nous semblait important de les collecter », commente Léna Le Roux, du Chasse-Marée.
Une centaine de dossiers
Les organisateurs ont reçu une centaine de dossiers sur la pêche, les chantiers navals, la marine marchande, la Royale, la batellerie, les traditions maritimes. Des dossiers venus de toute la France, d'associations, de particuliers, de musées et sous des formes multiples (photos, objets, témoignages audio, films, aquarelles, dessins).
« Nous désirions une exposition présentée sous différentes formes afin de favoriser les échanges entre les participants et le public », intervient Sonia Praud, également au Chasse-Marée, magazine qui a prévu d'exposer les travaux d'une quarantaine de participants sous son chapiteau dressé du 11 au 17 juillet au Parc à Chaînes de Brest.
Remise des prix le 16 juillet
« L'intérêt pour le patrimoine sous toutes ses formes s'inscrit dans l'esprit du public. Parfois la perle fine peut-être cachée dans une représentation spontanée, naïve », constate Michel Philippe, président de la FRCPM, « nous ne voulons pas que la présentation soit trop universitaire ». À découvrir ainsi des portraits de pêcheurs méridionaux, le Suzanne, canot à vapeur d'Ile-de-France, 110 chansons recueillies dans les Alpes-Maritimes, Gilliat, le plus vieux bateau à moteur du Léman, des dossiers sur les bateaux de servitude de l'offshore, un voyage sur La Recouvrance... Un jury de six personnes sera chargé d'évaluer le contenu des dossiers avant la remise des prix, le 16 juillet : « Nous allons essayer de séparer les dossiers selon leur catégorie et nous retiendrons des critères comme la variété des illustrations, la qualité de l'écrit, la pédagogie », précise Sonia Praud.
Rencontre
Le chapiteau, autour duquel graviteront les métiers du patrimoine abritera, outre un lieu de vie où pourront se retrouver les équipages de 2 000 voiliers traditionnels, plusieurs tables rondes : « Nous avons essayé d'avoir une représentation assez large du patrimoine maritime, de nous ouvrir à l'international », annonce Sonia Praud en évoquant la Norvège, la Croatie où le Japon, pays qui se trouvent dans la même situation au niveau du patrimoine maritime que la France il y a une trentaine d'années. Les colloques porteront le 12 juillet sur les structures en charge du patrimoine maritime, le 13 juillet sur la déontologie, les règles et méthodes des travaux liés au patrimoine maritime et fluvial, le 14 juillet sur le bâti de ces patrimoines et le 15 juillet sur les bateaux et la navigation (transmission et formation, construction et restauration).
Marc ESCUDIÉ.