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jeudi 20 novembre 2008

Le procès des attentats de 2000 est clos

Claude Stéfan
Christian Georgeault, Pascal Laizé et Gaël Roblin : «Soulagés ». Photo : Claude Stéfan

Les trois militants bretons accusés de complicité dans l'attentat du McDo de Quévert ne seront pas rejugés en appel. La cour a estimé cet appel irrecevable.

Gaël Roblin, Christian Georgeault et Pascal Laizé sont « soulagés Â». Leur procès devait durer deux semaines. Il vient de prendre fin, après seulement deux jours d'audience.

Les trois hommes comparaissaient cette fois-ci, pour complicité dans l'attentat contre le restaurant McDo de Pornic, la tentative contre un bureau de Poste à Rennes, et surtout l'attentat contre le McDo de Quévert qui a tué Laurence Turbec, en avril 2000. L'appel du procureur général qui les ramenait devant une cour d'assises spécialement constituée, après avoir été acquittés en mars 2004, a été jugé « irrecevable Â».

ll faut croire que dans sa volonté de rejuger à tout prix les trois hommes, le parquet s'y est mal pris. L'appel en question, mis en cause par la défense, n'est pas conforme au code de procédure pénale. Pour être recevable, il doit permettre à la cour Â¯ composée de neuf magistrats professionnels Â¯ Â« de procéder au réexamen de l'affaire en son entier Â». Or, l'appel du parquet général est cantonné aux seuls faits de Pornic, Rennes et Quévert. Il ne concernait pas d'autres attentats pour lesquels ils avaient été condamnés en mars 2004. La cour a donc jugé que cet appel, parce que partiel, n'était pas conforme.

« Une décision de juristes Â»

Par ailleurs, le code de procédure pénale précise que pendant les délais d'appel, il y a un sursis à accomplir les peines. Or, Georgeault, condamné à 11 ans de prison, et Laizé condamné à 8 ans, en mars 2004, pour d'autres faits et tentatives que ceux de Pornic, Rennes et Quévert, ont accompli leur peine. Là encore, de la part du parquet, il y a erreur d'appréciation ou pour le moins maladresse dans la rédaction de l'appel.

En tout cas, pour la famille Turbec, « ce procès s'arrête sur un problème de procédure, fait remarquer un avocat de la partie civile. C'est une décision de juristes, en faveur des droits de la défense, sur une situation juridique complexe et inédite. Â» Lundi et mardi, le père, la mère et la soeur de l'employée du McDo, ont assisté, dignes et silencieux, à ces échanges de procédures. Pas de coupables, pas de complices.

« Un appel inutile Â»

« Venus pour demander justice et non pour crier vengeance Â», ils repartent sans savoir qui a posé la bombe qui a tué Laurence.

Pour Christian Georgeault, « On a la preuve que cet appel était inutile. Mais, après huit ans et demi, on va pouvoir tourner la page. Ce qui ne m'empêchera pas de travailler à reconstruire le mouvement politique indépendantiste breton Â».

Gaël Roblin, pour sa part estime que « les méthodes que le juge Thiel a utilisées pour s'acharner contre des militants, sont mises à mal. Cet arrêt va servir à tous les défenseurs des libertés Â».

Cet arrêt signe aussi la fin de la procédure dans cette longue série d'attentats, démarrée en 1993. Depuis le drame de Quévert, plus une bombe n'a explosé en Bretagne.

Philippe GAILLARD.

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