Navale, une école de la seconde chance
Premier contact avec une grande école d'ingénieurs pour Laëtitia et Mickaël, ici aux côtés de Nadaïa Moutoussamy et Benoît Bernard. Photo : Ouest-France.
Première séance de tutorat hier pour 23 lycéens finistériens venus découvrir une grande école d'ingénieurs, l'école navale.
Elle rougit. Non, elle ne sait pas ce qu'est une classe préparatoire au concours d'entrée des grandes écoles.
Sélectionnée, Laëtitia, élève de 1re S au lycée Jean-Moulin de Châteaulin, a accepté de participer au tutorat organisé par l'École navale de Lanvéoc (Finistère). Celle qui forme les officiers supérieurs de la Marine.
Le lieutenant de vaisseau Benoît Bernard, élève de l'école, explique à Laëtia : « Les classes prépas, ce sont deux années qui préparent au concours d'entrée d'une grande école d'ingénieur ou d'administration. On a intérêt à bien bosser, car si l'on rate le concours, c'est fichu. »
Voulue par le gouvernement dans le cadre de l'égalité des chances, cette opération doit permettre aux jeunes issus de milieux modestes d'avoir accès à l'enseignement supérieur. « C'est une nécessité, estime Benoît Bernard, dans les grandes écoles, on trouve 40 % d'élèves dont les parents sont cadres, 10 % dont les parents sont d'origine modeste ». Les élèves sont choisis par l'établissement en fonction de leurs notes et de leur origine sociale.
Comme avec des copains
Fille d'agriculteurs, Laëtitia est très intéressée par la santé. Et par ce projet. Leur première après-midi a été consacrée à un atelier théâtre-expression. « C'était bien, ça nous a appris à débattre : il faut écouter et avoir des idées. » Mickaël, à ses côtés, pense que « Ca vaut le coup de sacrifier un mercredi après-midi ! »
Tous deux ne sont pas impressionnés par les jeunes galonnés avec qui ils discutent comme avec des copains. « Nous avons quoi, cinq ans de plus qu'eux ? C'est comme si on était leurs grands frères », sourit Benoît Bernard. « Il n'y a pas de hiérarchie, même si l'on sait qu'ils sont au-dessus de nous », confirme Mickaël.
Les lycéens reviendront deux fois par mois à Lanvéoc. Ils y feront aussi de voile, « un sport réservé souvent aux riches, il faut posséder un bateau ».
Quant aux élèves de l'École navale, ils ont choisi d'être tuteurs pour partager leur passion. Comme Nadaï Moutoussamy, Guadeloupéenne, fille d'un papa restaurateur et d'une maman secrétaire : « Je suis là pour montrer aux jeunes qu'on peut y arriver, avec de la motivation. »
Philippe ATTARD.