Mères et fils, célèbres, complices... ou pas
Béatrice et Ariane Massenet. Photo : DR
Béatrice Massenet, coauteur avec sa soeur Ariane de mères et fils, ce que je voudrais te dire... a voulu percer les relations entre des mères et des fils pas ordinaires.
Les mères et fils de votre livre sont des gens célèbres. Comment les avez-vous sélectionnés ?
Nous voulions des personnalités dont on se doutait qu'elles avaient des choses intéressantes à dire ; des fils de plus de 18 ans car, plus jeune, on a envie de construire sa vie et on n'a pas nécessairement de capacité d'analyse.
Avez-vous obtenu des réponses facilement ?
Le sujet est tellement intime qu'il demande réflexion. Ça a duré plus de six mois pour Simone Veil. Je connaissais la femme politique, froide, impressionnante. On l'a découverte chaleureuse, gloussante, mère et grand-mère très attentionnée.
Quelles étaient les conditions de l'interview ?
On a rencontré les gens chez eux. À domicile, on est plus à l'aise, on peut se lever pour aller chercher une photo. Nous avions une liste de questions factuelles. On les a amenés à préciser petit à petit leurs sentiments, leur relation. Ariane et moi sommes soeurs et complices, ça rassure. Au bout de deux heures, souvent, ils nous ont remerciées. Le photographe a su se faire oublier. On a obtenu des moments de vie. Il n'y avait ni maquillage, ni coiffage. C'est comme si on était venues boire le café.
Pensez-vous que les relations mères-fils sont les mêmes chez les gens ordinaires ?
On a tous les mêmes relations, les mêmes doutes entre parents et enfants. Ce sont les mêmes conflits. Des histoires comme celle d'Arthur H, le fils de Jacques Higelin, qui est resté dix ans sans parler à sa mère, ça peut arriver ailleurs. Chacun peut y trouver écho.
La célébrité signifie souvent quand même un niveau de vie différent ?
Avant de devenir célèbres, certains interviewés avaient des revenus modestes. Il y en a aussi qui ont vécu des galères. Patrick Sébastien a perdu son fils. Christopher Stills a su convaincre sa mère, Véronique Sanson, de se faire soigner pour son alcoolisme.
Benjamin Castaldi et Catherine Allégret ont une relation très forte...
Elle est fusionnelle. L'ombre de Simone Signoret plane tellement. À sa disparition, tout a explosé, laissant un grand vide. On a rencontré deux écorchés vifs.
Votre précédent ouvrage concernait les mères et les filles. Quelles différences ?
Chez les filles, l'émotion est plus exprimée, chez les garçons elle est plus contenue. On trouve davantage de pudeur, ils sont plus protecteurs envers leurs mères.
Recueilli par Noëlle COUSINIÉ.
Mères et fils ce que je voudrais te dire. Conversations provoquées par Ariane et Béatrice Massenet. Ed. Aubanel, 228 pages, 29,95 €.