
Miss Météo toute l'année sur Canal +, ça aide, pour jouer Miss Météo dans un film ? « Rien à voir ! proteste la pimpante Louise Bourgoin. D'ailleurs, quand elle m'a auditionnée, Anne Fontaine, la réalisatrice, ignorait que je faisais ce job. »
Débarquée comme une bourrasque sur les plateaux de télévision où son tempérament a tout emporté, elle se risque au cinéma dans une comédie qui la voit tenir la dragée haute à ses partenaires, Fabrice Luchini et Roschdy Zem. L'un est un avocat pompeux, l'autre son garde du corps ; tous deux vont en baver à fréquenter cette blonde insaisissable. Ravissante idiote ou odieuse arriviste, la jeune Audrey, son vrai prénom ? « Je n'en sais rien moi-même. On m'a donné des indications contradictoires pendant le tournage. Pour qu'il y ait le doute jusqu'à la fin. »
« Je n'avais pas la vocation »
Il y a quelque chose de Brigitte Bardot dans cette créature parée de toutes les séductions : « Je ne sais pas grand-chose d'elle... », s'excuse l'intéressée, qui en rajoute sur le ton de la gêne et de la confusion : « J'ai regardé tout le film en me cachant à moitié les yeux. Je ne m'aimais pas du tout. » Et pourtant, ces tenues affriolantes qu'elle-même a dénichées dans un magasin du quartier de Barbès, à Paris : « Je trouve que j'ai un corps d'homme. De travesti. Ou de nageuse Est-allemande. » ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? « Mais si, regardez toutes les actrices, Isabelle Huppert, Audrey Tautou, Mélanie Laurent : elles font 1m65 au maximum, on n'en voit que leur visage. Retrouver un corps, le mien, aussi balancé à l'écran, m'a surprise. »
Mais elle n'en est plus à une découverte près, la jeune Rennaise, Ariane Bourgoin, de son vrai nom. Du jour au lendemain, elle a plaqué son avenir trop écrit pour tenter l'aventure à Paris. Étudiante aux Beaux-Arts, comme papa et maman, elle savait ce qui l'attendait. L'enseignement, les vacances, les enfants, la maison à crédit. « Lors d'un stage dans un collège, j'ai mesuré que je n'avais pas la vocation. J'avais envie de peindre, pas d'expliquer comment on peint. Il a fallu que je rebondisse. »
Elle l'a fait en regardant la télé. Persuadée qu'elle ferait aussi bien que certaines animatrices qu'elle voyait sur le câble, elle a envoyé un CV. Et atterri sur une chaîne confidentielle qui, finalement, l'a conduite à Canal +. Avec, parce qu'il y avait déjà dans l'émission vespérale une Ariane (Massenet), le pseudonyme inspiré de la sculptrice Louise Bourgeois. Hommage à celle qu'elle voit comme « l'une des plus grandes artistes féminines. Toujours aussi inventive, à 86 ans. » Elle-même ne se projette pas si loin : « Je reçois un scénario par semaine en moyenne, rien de bien captivant. Jusque-là , j'avais pas envie d'en écrire, mais plus j'en lis plus je me dis que... »
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