Bretagne

mercredi 20 août 2008

Le meurtre de Carnoët sera jugé en septembre

Archives Ouest-France
Le 26 juin 2005 au matin, Mathilde Croguennec, 18 ans, est découverte dans cette sapinière, en contrebas du Teknival breton de Carnoët, près de Callac, à la limite des Côtes-d'Armor et du Finistère. L'arme du crime est retrouvée cachée à proximité. : Archives Ouest-France

Le 26 juin 2005, Mathilde, 18 ans, était retrouvée égorgée sur le site d'un Teknival, près de Callac. Le procès du meurtrier présumé, à Saint-Brieuc, durera cinq jours.

Les dates viennent de tomber. Du 22 au 26 septembre, vingt-neuf témoins et dix experts vont se succéder aux assises des Côtes-d'Armor, à Saint-Brieuc, pour juger Alain Kernoa, ex-marin militaire à Brest, âgé de 26 ans, meurtrier présumé de Mathilde Croguennec. Il comparaît pour tentative de viol et assassinat. Le 26 juin 2005 au matin, cette jeune fille de 18 ans, de Langoat (Côtes-d'Armor), est découverte dans une sapinière, en contrebas du Teknival breton qui a réuni 40 000 teufeurs à Carnoët.

Elle est en partie dévêtue, tuée d'une vingtaine de coups de couteau et égorgée. Selon le procureur de Guingamp, Marie-Sophie Monet, l'arme, « un couteau de chasse avec une lame assez longue qui se replie », est retrouvée non loin du corps, cachée dans les feuillages. « Sur l'arme, nous avons prélevé l'ADN de la victime et celui d'une personne de sexe masculin. » Dans les minutes qui suivent la découverte du corps, un énorme dispositif de gendarmerie est mis en place pour contrôler toutes les identités à la sortie du Teknival et fouiller les voitures.

Deux suspects innocentés

Une cellule spéciale de douze gendarmes est constituée pour suivre l'enquête et celle-ci va durer plus d'un an. Deux hommes seront arrêtés et fortement suspectés. Le premier faisait partie de l'entourage de Mathilde et s'est accusé du meurtre.

Le deuxième avait déjà été condamné pour des blessures à l'arme blanche et un objet retrouvé non loin du corps le rendait suspect. Finalement, après investigations, tous deux sont innocentés. Les enquêteurs concentrent alors leurs efforts sur la recherche et l'identification d'un homme qui a passé une partie de sa soirée avec Mathilde. Ils n'ont que sa photo et la diffusent.

Fin mai, début juin 2006, c'est par cette photo accrochée au mur du commissariat de Rennes qu'un ancien collègue de la Marine le reconnaît. Les enquêteurs l'interpellent quelques jours après chez sa mère, à Marseille. Un an après le meurtre, confondu par son ADN, il avoue les faits.

Olivier Dersoir, avocat au barreau de Rennes, et Béatrice Dupuy, de Marseille, seront les défenseurs d'Alain Kernoa. Une tâche difficile attend les avocats. « Il faudra essayer de faire comprendre comment le destin de ces deux personnes a pu basculer », explique Béatrice Dupuy.

L'avocate mettra en avant l'absence d'antécédents judiciaires de son client et son parcours sans faute jusqu'au jour du drame. « Il n'a aucun passé délinquant. Ça a été un enfant très entouré. Un fils de « bonne famille » qui a eu une éducation normale, un adepte des jeux vidéos qui a un niveau d'études de BTS ».

Peu après son interpellation, le meurtrier présumé était passé aux aveux, qu'il a réitérés au cours de l'instruction. L'avocate conteste la préméditation. Pendant ces cinq jours de procès, vingt-neuf témoins défileront à la barre, dont les marins qui l'ont côtoyé sur la Jeanne-d'Arc avant et après le meurtre, puisqu'il avait repris son service sur le croiseur porte-hélicoptères durant sa fuite. Les occupants du véhicule, qui ont effectué avec lui l'aller et retour au Teknival, seront également entendus.

Nicolas DENOYELLE et Jean-Yves HINAULT.

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